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PREVENTION6 octobre 2026

Diabète de type 2 précoce : l’essai « RESET for REMISSION » et le rôle de l’exercice physique

Diabète de type 2 précoce : l’essai « RESET for REMISSION » et le rôle de l’exercice physique

 

Le programme RESET for REMISSION s’intéresse au diabète de type 2 à début précoce, une forme particulièrement préoccupante par sa longue durée d’exposition métabolique et son risque de complications. 

L’étude a inclus 96 adultes âgés de 18 à 45 ans, avec un diabète évoluant depuis moins de 6 ans, une obésité et sans insulinothérapie. Cinquante participants ont été randomisés dans le groupe intervention et 46 dans le groupe contrôle. L’âge moyen était d’environ 38 ans, la durée du diabète de 2,2 à 2,3 ans, l’HbA1c proche de 7,1-7,2 % et l’IMC autour de 35 kg/m².

L’intervention combinait une restriction énergétique majeure et un programme structuré d’exercice, initialement très strict (RESET) avec un allègement progressif dans le but de maintenir l’effet (REMISSION). Pendant les deux premières semaines, l’apport alimentaire était limité à 800-900 kcal/j sous forme de substituts de repas.

De la 3e à la 12e semaine, un « vrai » repas était réintroduit et les participants réalisaient trois séances hebdomadaires supervisées associant à part égale exercice aérobie et renforcement musculaire. Entre les semaines 13 et 24, l’alimentation était progressivement normalisée, avec maintien d’un objectif d’au moins 150 minutes d’activité physique en autonomie modérée à vigoureuse par semaine. Les patients ont eu 11 séances d’entretien diététique. À 24 semaines, 54 % des patients du groupe intervention étaient en rémission du diabète, contre 4 % dans le groupe contrôle, la rémission étant définie par une HbA1c < 6,5 % sans traitement hypoglycémiant depuis au moins 12 semaines. Le taux était déjà de 58 % à 12 semaines. L’adhésion au programme était élevée malgré son intensité, avec peu d’abandons et une participation importante aux séances diététiques et d’exercice.

Mais l’intérêt de RESET va au-delà du seul taux de rémission. L’intervention entraînait une perte pondérale d’environ 7 % par rapport au contrôle, portée surtout par une réduction de la masse grasse, de l’ordre de 16,5 %, tandis que la masse maigre restait globalement préservée. C’est un point important, car une perte de poids induite par restriction calorique s’accompagne habituellement d’une perte non négligeable de masse maigre. Ici, l’association d’un entraînement aérobie et de résistance semble avoir limité cette perte.

L’imagerie montre également une diminution importante de la graisse viscérale, hépatique et pancréatique, ainsi qu’une moindre infiltration graisseuse musculaire, avec maintien du volume musculaire.

L’intervention améliorait aussi la condition cardiorespiratoire, avec un gain d’environ 3,2 mL/kg/min de VO₂ max, soit approximativement 1 MET. Ce résultat est particulièrement intéressant car l’amélioration représente un bénéfice fonctionnel et pronostique qui ne se résume pas à la perte de poids. Des modifications favorables de la géométrie cardiaque ont également été observées, notamment une augmentation du volume télédiastolique du ventricule gauche et une diminution de sa concentricité, même si ces résultats portent sur des marqueurs intermédiaires et non sur des événements cardiovasculaires.

Sur le plan métabolique, l’intervention améliorait l’HbA1c, la pression artérielle, la fréquence cardiaque et les triglycérides. Sur le plan psychosocial, les participants rapportaient moins de symptômes dépressifs, moins de détresse liée au diabète et une meilleure perception globale de leur état de santé. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté, mais 86 % des participants du groupe intervention ont présenté au moins un événement indésirable, principalement céphalées, constipation, fatigue, vertiges ou douleurs musculosquelettiques.

Le message essentiel de RESET est donc que, chez des adultes jeunes avec DT2 récent, une stratégie non pharmacologique très intensive peut obtenir une rémission chez plus d’un patient sur deux, tout en réduisant la masse grasse, les dépôts graisseux ectopiques et en préservant le muscle. L’amélioration de la condition physique et certains paramètres cardiaques suggèrent un bénéfice dépassant la seule perte pondérale. La principale limite est qu’on ne peut pas distinguer l’effet propre de l’exercice de celui de la restriction énergétique, et que la durabilité de ces résultats au-delà de 24 semaines reste à démontrer.

 

Emmanuelle LECORNET-SOKOL
D’après les présentations de Thomas Yates (Leicester, Royaume-Unis) and Kaberi Dasgupta (Montréal, Canada) de la session « Early-onset type 2 diabetes: the RESET for REMISSION trial and the role of exercise ». Congrès EASD, Milan, Italie.